Dans beaucoup d’organisations, la conformité ressemble à un feuilleton bien rodé :
quelques mois de mobilisation intense avant l’audit… puis un long silence jusqu’au prochain
épisode.
Sur le papier, l’entreprise « tient ses audits ».
En réalité, elle n’a jamais vraiment stabilisé sa trajectoire.
Le scénario classique : tout pour l’audit, puis on range les dossiers
Tout commence par une date : celle du prochain audit ou de la prochaine visite de client
majeur.
On lance un « projet » :
- comité dédié,
- plan d’action resserré,
- ateliers, revues, mise à jour de documents,
- chasse aux preuves pour démontrer la conformité.
Les équipes se mobilisent, parfois au détriment d’autres sujets.
Les dernières semaines, on accélère encore : corrections de procédures, preuves à
reconstituer, plans d’actions « bouclés » à temps.
L’audit se passe correctement, les non-conformités sont limitées, le rapport est acceptable.
Soulagement général.
Puis, progressivement :
- le comité ne se réunit plus,
- les tableaux ne sont plus mis à jour,
- les preuves ne sont plus alimentées,
- les décisions ne sont plus systématiquement tracées.
On retourne « au quotidien », jusqu’au prochain audit.
Les effets collatéraux du mode « campagne d’audit »
Sur le moment, cette approche donne l’impression d’efficacité :
on se concentre, on livre, on « coche » la case.
Mais à moyen terme, le coût est élevé :
- fatigue des équipes : la conformité est vécue comme un surcroît de travail ponctuel,
jamais comme une partie normale du fonctionnement ; - perte de sens : les mesures mises en place pour l’audit ne sont pas toujours
incarnées dans les pratiques ; - risque de décalage : entre deux audits, l’organisation évolue (projets, outils,
menaces), mais le dispositif de sécurité reste figé ; - message ambigu auprès des auditeurs et des clients : on montre un système «
propre » à date, sans prouver qu’il tient dans la durée.
Au fond, la question n’est plus seulement : « réussissons-nous l’audit ? »,
mais : « avons-nous construit quelque chose de durable entre deux audits ? »
Passer du « one shot » à la trajectoire
Sortir de ce piège ne signifie pas « être en audit permanent ».
Cela signifie organiser la conformité comme une trajectoire, avec des rythmes et des
rendez-vous clairs.
Concrètement, cela suppose :
- des instances régulières (mensuelles, trimestrielles) où l’on suit risques, actions et
incidents ; - un socle de pilotage qui vit au quotidien : exigences, risques, plans d’action et
preuves au même endroit ; - des responsabilités stables : qui tient à jour quoi, à quel rythme ;
- un lien explicite avec les priorités métier : chaque mesure n’est pas « pour l’audit
», mais pour protéger un actif, un processus, un client.
Dans ce modèle, l’audit devient :
- une photo d’un film déjà en cours,
- une occasion de valider ce qui existe,
- un moment pour ajuster la trajectoire, pas pour la réinventer.À partir de là, l’audit n’est plus un couperet, mais une étape pour formaliser un
La question à se poser
Au-delà des procédures, une question simple permet souvent de se situer :
- Si l’auditeur arrivait six mois plus tôt que prévu, seriez-vous prêt…
ou auriez-vous besoin de relancer un « projet spécial audit » ?
Dans le premier cas, la conformité fait partie du fonctionnement normal.
Dans le second, elle reste un exercice ponctuel, fragile par nature.
Notion clé du jour
Une conformité solide ne se construit pas en « campagne » autour d’un audit,
mais en trajectoire suivie, visible et assumée dans la durée.
C’est précisément ce passage du mode « one shot » au mode « régime de croisière »
que des partenaires comme KP Consulting peuvent accompagner :
clarifier la trajectoire, poser les bons rythmes, outiller le pilotage…
et faire en sorte que le prochain audit soit une étape logique, plutôt qu’une course contre la
montre.
